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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 10:57
Source : Echo Nature (http://www.echo-nature.com/inf/actu.cgi?id=4068)

Bien que très attendue et vivement souhaitée, la nouvelle réglementation relative au vin bio, actuellement à l’étude à la Commission européenne, suscite toutefois des inquiétudes de part et d’autres. Jusqu’à aujourd’hui, le domaine viticole ne disposait pas d’un label propre à son domaine d’exercice et s’en remettait au label AB, commun à l’ensemble du secteur agroalimentaire. Or, si cette appellation garantissait un vin produit à partir de raisins issus de l’agriculture biologique, aucune exigence ne légiférait en matière du mode de vinification employé.

Mais, s’il apparaît aujourd’hui essentiel d’intégrer cette étape clé de la fabrication du vin au processus de labellisation bio, se pose désormais la question du degré d’exigence à appliquer quant aux procédés de vinification autorisés par le nouveau règlement. Et là, les divergences apparaissent. Selon l’association de protection des consommateurs UFC-Que Choisir, l’ébauche de texte actuellement en discussion à la Commission européenne pêcherait par excès de laxisme. Serait notamment admise la technique de la « flash pasteurisation », consistant à chauffer les cuves à 73°C. Principal reproche opposé à cette pratique œnologique, elles détruit les levures et les bactéries naturellement présentes dans le moût, nécessitant, de ce fait, l’ajout de levures industrielles. Or, comme le souligne Michel Issaly, président du mouvement des Vignerons Indépendants de France (VIF), cette destruction du vivant se pose en totale contradiction avec les principes fondateurs de la culture bio revendiquant la « préservation de la naturalité ». Mais cela vaut également pour l’adjonction de substances plus naturelles, telles que la caséine (1), à la matière première brut telle qu’elle est rentrée initialement dans les cuves.

Toutefois, Michel Issaly se défend d’adopter une vision trop tranchée du débat opposant vin artisanal et vin conventionnel. De fait, ce dernier est également soumis à un cahier des charges surveillé, destiné à écarter tout risque pour la santé du consommateur. Le débat se joue sur le procédé même de fabrication, qui départage procédés artisanaux et procédés industriels, et ne doit pas être simplifié par un duel bon / mauvais vin. Cette approche est importante pour permettre l’adoption d’un cahier des charges exigeant lorsque sera définie la future réglementation européenne, laissant libre tout producteur d’y adhérer ou non. La mise en place d’une production bio fiable mais non imposée est ainsi jugée préférable à une solution de compromission, élargissant l’accès à une labellisation bio vinicole finalement rendue moins astreignante.

 Déjà repoussée puisque initialement prévue pour fin 2009, l’adoption du règlement devrait être effective d’ici mars 2010, l’entrée en application étant, quant à elle, attendue pour mi-2010. Outre le respect de l’éthique bio, se jouera alors le respect du droit du consommateur à être informé sur la nature et les pratiques de fabrication qui se cachent derrière les produits qu’il consomme.

Cécile Cassier

1- La caséine est une protéine extraite du lait.

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Published by ardoneo
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